Symphytosociologie

Définition

La symphytosociologie s’intéresse à comprendre les séries de végétation associées à des conditions de milieux homogènes. C’est un puissant outil d’aide à la gestion et de prise en compte des habitats qui permet d’y ajouter une notion dynamique et de comprendre plus globalement un milieu.

La symphytosociologie étudie des tesselae pour tirer les informations nécessaires à la compréhension de la dynamique des végétations. Une tessela est une portion concrète de terrain sur laquelle s’exprime différents syntaxons. La délimitation entre 2 séries est nommée ligne isosérichore.

Néanmoins, il faut bien comprendre que les séries de végétation existent dans les conditions abiotiques actuels. Par exemple, un approfondissement du sol notable ou un changement de régime hydrique peut entraîner un changement de série de végétation.

Ci-dessous un exemple d’agencement d’une tessela et de relations possibles entre les associations :

Tessela.png

Méthode d’analyse

Pour étudier une tessela, on parle d’un relevé d’association végétale ➡️ synrelevé ou sigmarelevé

Un sigmarelevé doit s’effectuer sur :

  • Un même versant (Nord/Sud)
  • Un même substrat (calcaire /silice)
  • Une même grande topographie

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On utilise les mêmes coefficients qu’en phytosociologie pour définir l’abondance dominance des individus d’association au sein de la tessela :

Coefficient Recouvrement
5 75-100%
4 50-75%
3 25-50%
2 5-25%
1 <5% nombreux
+ <5% peu nombreux

On utilise également d’autres annotations en complément des coefficients d’abondance dominance pour donner une information sur la forme des individus d’association :

Coefficient Recouvrement
o individu surfacique
/ individu linéaire
. individu ponctuel
individu discontinu

On recherche les mêmes prérequis qu’en phytosociologie. Il faut utiliser un échantillon représentatif sur l’ensemble de la zone et comparer plusieurs sigmarelevés.

Nomenclature de série

Une unité taxonomique de série est un sigmataxon.

Pour nommer une série, on utilise par convention l’association végétale du stade terminale auquel ou ajoute sigmetum qui veut dire série.

Par exemple : Scillo liliohyacinthi - Fago sylvaticae sigmetum

Dans cet exemple, on voit que Fagus ne prend pas le suffixe -etum car c’est le sigmetum qui le reprend.

Il existe également des sous-séries dont la terminaison est -etosum (ex : Draboecio cantabricae sigmetosum).

Type de séries

Toposéquence générale des séries de végétations ⬇️

Nom Étiquettes
Série édaphoxérophile Séries associées aux milieux secs. Séries de crêtes qui sont souvent des formations herbacées ou arbustives au stade terminale
Série climatophile Séries de versant pentu ou non. On y retrouve classiquement les séries de forations arborées tel que les hêtraies, forêts mésophiles, diverses pinèdes etc…
➡️Série tempohygrophile Il s’agit des séries climatophiles les plus proches de la zone des séries édaphohygrophiles. On va par exemple y retrouver les forêts mésophiles, mais pas les hêtraies qui sont plus en altitude sur le versant.
Série édaphohygrophile Séries de végétations du lit mineur et majeur des cours d’eau. Il s’agit des séries de fond de vallée qui sont souvent associées à l’eau.

Catégories de successions

  • Série ou sigmetum Ces séries ont plusieurs stades de succession et le stade terminal est forestier.
  • Série permanente ou Permasérie ou Permasigmetum Séries dont le stade terminale est aussi le stade pionnier. Il n’existe alors qu’un seul syntaxon sur ses séries (ex :pelouses alpines, plages, falaises littoral, mangroves etc…). De par cette propriété, les tesselae des permaséries sont toujours constitué d’une seule association qui est l’association au stade terminale. On parle alors de microtessela et non de tessela. Les permaséries peuvent avoir un stade annuel avant le stade de vivace stable. Les stades annuels stables sont des Theroséries (Therosigmetum)
  • Cas intermédiaire : Mésosérie Séries dont le stade terminal est souvent chaméphytique ou arbustif
    • Minorisérie ou minorisigmetum Série dont le stade terminal est maintenu par un stress (manque de sol, climat, vent etc…) et dont le stade terminal n’est pas forestier.
    • Curtasérie ou curtasigmetum Série dont le stade terminal est entretenu par une perturbation régulière (ex couloir d’avalanche, crue etc…). Les curtaséries sont souvent liées au cycle de l’eau et sont des séries édaphohygrophiles.